dimanche 26 juillet 2026 - 09:15
Des chercheurs et universitaires tunisiens : la lutte contre le projet sioniste est une bataille d’« existence » et de « géographie »

Hawzah/Le Centre d’études sur la terre de Palestine pour le développement et l’appartenance, basé en Tunisie, a organisé un colloque international intitulé « Les ressources palestiniennes à l’ombre de la guerre génocidaire et de l’expansion coloniale des colonies : les cas de la pêche maritime et des communautés bédouines ».

Tunisie (A.P.Hawzah)– Dans le cadre d’une initiative visant à mettre en lumière les dimensions souvent occultées de la guerre génocidaire menée par le régime sioniste d’occupation, le Centre d’études sur la terre de Palestine pour le développement et l’appartenance a réuni chercheurs, universitaires et spécialistes lors d’un colloque international consacré aux conséquences de cette guerre sur les ressources naturelles palestiniennes et sur les communautés qui en dépendent.

Les participants ont souligné que la confrontation avec le projet sioniste ne saurait être réduite à un affrontement militaire. Il s’agit avant tout d’un combat pour l’existence du peuple palestinien et pour la préservation de sa terre, dans lequel les ressources naturelles – pilier de l’économie et du tissu social palestiniens – sont devenues une cible stratégique.

Un ciblage systématique des moyens de subsistance

Le colloque a rassemblé un large éventail d’organisations tunisiennes, arabes et internationales. Les différentes interventions ont mis en évidence les multiples facettes des crimes commis contre le peuple palestinien.

De l’analyse de la « guerre génocidaire menée contre les ressources maritimes », présentée par la Dre Azra Talat Al-Sayyid, aux données alarmantes exposées par le professeur Zakaria Bakr sur les souffrances des pêcheurs de Gaza, en passant par les analyses juridiques du Dr Al-Hussein Al-Qassem, tous les intervenants ont convergé vers une même conclusion : la puissance occupante applique une politique d’« ingénierie de la faim », consistant à détruire les secteurs vitaux de l’économie palestinienne et à cibler les communautés autochtones afin d’affaiblir leur capacité de résilience.

Abed Al-Zuray‘i : « Une résistance sociale durable »

Dans son intervention principale, le Dr Abed Al-Zuray‘i, directeur du Centre d’études sur la terre de Palestine, a présenté une véritable feuille de route pour faire face à cette stratégie.

Dans son étude consacrée aux communautés bédouines de Cisjordanie, il les a décrites comme « la première ligne de défense » contre l’expansion des colonies israéliennes.

S’exprimant auprès du site d’information Al-Ahed, le Dr Al-Zuray‘i a affirmé que les autorités d’occupation ne considèrent pas la colonisation comme un simple processus d’expansion territoriale, mais comme un instrument destiné à déraciner les Palestiniens de leur terre et à démanteler leurs structures sociales.

Il a ajouté que les communautés bédouines, grâce à leur résilience historique et à leur capacité de résistance, incarnent un modèle de résistance sociale qui mérite d’être soutenu non par des slogans, mais par des programmes concrets et intégrés associant les dimensions culturelle, juridique et de terrain.

Le Dr Al-Zuray‘i a également déclaré : « Lorsque nous évoquons le village d’Al-Araqib, détruit près de 249 fois depuis 2010 par les autorités d’occupation, nous rappelons au monde que la volonté de survivre du peuple palestinien demeure plus forte que la machine de destruction sioniste. La résistance doit aujourd’hui s’inscrire dans la durée, en s’appuyant sur la solidarité entre toutes les composantes du peuple palestinien, à l’intérieur comme à l’extérieur de la Palestine, tout en articulant les luttes locales avec les actions juridiques internationales afin de dénoncer ces crimes. »

Vers un document stratégique de mobilisation

Le colloque s’est achevé par l’adoption d’une décision stratégique prévoyant la publication d’un « document scientifique et militant », destiné à structurer les initiatives visant à renforcer la résilience des pêcheurs palestiniens et des communautés bédouines.

Ce document ambitionne de transformer les recommandations du colloque en actions concrètes, dépassant le cadre des débats universitaires pour s’inscrire directement dans les réalités du terrain.

Les conclusions de la rencontre ont réaffirmé qu’assurer la protection des ressources naturelles palestiniennes constitue une composante indissociable de la lutte pour la liberté. Détruire les communautés bédouines ou priver les pêcheurs de leur accès à la mer revient à s’attaquer à l’identité même du peuple palestinien, à son histoire et à son enracinement dans sa terre. Une entreprise qui, ont estimé les participants, ne pourra aboutir tant que subsistera une volonté vivante de défendre la Palestine et de refuser l’abandon de cette terre.

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